Editions Tharpa - Livres sur le bouddhisme et la m&ecute;ditation

Tharpa France

livraison partout dans le monde
       Choisissez votre Pays/Langue :
       

Introduction to Buddhism - en anglais.(Introduction au bouddhisme)

Une explication du mode de vie bouddhiste

Format: Couverture rigide
ISBN: 0948006714
Détail: 200 pages, 2ème édition 2006
Prix: 15.00 €  
 
Formats disponibles
Couverture souple | Couverture rigide

Chapitre1 - Introduction

Les bases du bouddhisme - Qui était Bouddha ? 

D'une façon générale, le terme « bouddha » désigne un « être éveillé », quelqu'un qui s'est éveillé du sommeil de l'ignorance et voit les choses telles qu'elles sont réellement. Un bouddha est une personne qui s'est complètement libérée de toutes les fautes et de toutes les obstructions mentales. Autrefois, de nombreuses personnes sont devenues des bouddhas, et de nombreuses personnes deviendront des bouddhas à l'avenir.

Le bouddha qui a fondé la religion bouddhiste est appelé Bouddha Shakyamouni. « Shakya » est le nom de la famille royale dans laquelle il est né et « mouni » veut dire « Celui qui est Capable ». Bouddha Shakyamouni, prince de naissance, est né en 624 av. J.-C., à Loumbini, un endroit situé à l'époque au nord de l'Inde, mais qui fait maintenant partie du Népal. Sa mère était la reine Mayadévi et son père le roi Shouddhodana.

Une nuit, la reine Mayadévi rêva qu'un éléphant blanc descendait du paradis et entrait dans son ventre. L'éléphant blanc qui entrait dans sa matrice indiquait que l'enfant qu'elle avait conçu cette nuit-là était un être pur et puissant. L'éléphant qui descendait du paradis indiquait que son enfant venait du Paradis de Toushita, le pays pur de Bouddha Maitreya. Plus tard, lorsqu'elle donna naissance à son enfant, au lieu de ressentir de la douleur, la reine eut une vision extraordinaire, pure. Elle se vit debout, tenant la branche d'un arbre de sa main droite, tandis que les dieux Brahma et Indra sortaient l'enfant de son flanc sans qu'elle n'éprouve de douleur, puis ils honorèrent l'enfant en lui offrant les ablutions rituelles.

Quand le roi vit l'enfant, il lui sembla que tous ses souhaits avaient été exaucés et il nomma le jeune prince « Siddhartha ». Il fit venir un devin brahmane afin de connaître l'avenir du jeune prince. Usant de son pouvoir de clairvoyance, le devin examina l'enfant et annonça au roi : « Certains signes montrent que ce garçon peut devenir soit un roi tchakravatine, un souverain du monde entier, soit un bouddha pleinement illuminé. Toutefois, comme le temps des rois tchakravatines est à présent révolu, il est certain qu'il va devenir un bouddha, et son influence bénéfique rayonnera dans les mille millions de mondes comme les rayons d'un soleil. »

Le jeune prince grandit, et maîtrisa tous les arts traditionnels et les sciences sans l'aide d'aucune instruction. Il connaissait soixante-quatre langues, chacune avec son propre alphabet, et de plus il était très doué en mathématiques. Un jour, il dit à son père qu'il pouvait compter tous les atomes du monde en l'espace d'une seule inspiration. Bien qu'il n'eût pas besoin d'étudier, il le fit pour plaire à son père et pour venir en aide aux autres. À la requête de son père, il suivit des cours dans une école où, en plus de l'étude de divers sujets académiques, il excella en d'autres disciplines, telles que les arts martiaux et le tir à l'arc. Le prince profitait de chaque occasion pour transmettre des enseignements spirituels et encourager les autres à suivre un chemin spirituel. Un jour, alors qu'il participait à un tournoi de tir à l'arc, il déclara : « Avec l'arc de la concentration méditative, je vais décocher la flèche de la sagesse et tuer le tigre de l'ignorance qui se trouve dans les êtres vivants. » Puis il décocha la flèche qui transperça cinq tigres de fer et sept arbres avant de disparaître dans la terre ! Après avoir assisté à de telles démonstrations, des milliers de personnes commencèrent à avoir foi en le prince.

Le prince Siddhartha allait parfois dans la capitale du royaume de son père pour voir comment les gens vivaient. Au cours de ces visites, il rencontra de nombreuses personnes âgées, des malades, et une fois il vit un cadavre. Ces rencontres laissèrent une profonde impression sur son esprit, et l'amenèrent à comprendre que tous les êtres vivants sans exception doivent éprouver les souffrances de la naissance, de la maladie, de la vieillesse et de la mort. Parce qu'il comprenait les lois de la réincarnation, il réalisa aussi que les êtres vivants enduraient ces souffrances non seulement une fois, mais encore et encore, vie après vie, sans interruption. Voyant comment tous les êtres vivants sont prisonniers du cercle vicieux de la souffrance, il ressentit à leur égard une profonde compassion et développa le désir sincère de les libérer tous de leurs souffrances. Comprenant que seul un bouddha pleinement illuminé a la sagesse et le pouvoir d'aider ainsi tous les êtres vivants, il décida de quitter le palais et de se retirer dans la solitude de la forêt, où il pratiquerait de profondes méditations jusqu'à l'accomplissement de l'illumination.

Lorsque les habitants du royaume shakya comprirent que le prince avait l'intention de quitter le palais, ils demandèrent au roi de lui arranger un mariage dans l'espoir que cela le ferait changer d'avis. Le roi accepta et lui trouva aussitôt une épouse convenable, la fille d'une famille shakya respectée, appelée Yasodhara. Le prince Siddhartha n'était cependant pas attaché aux plaisirs mondains, car il avait compris que les objets d'attachement sont comme des fleurs empoisonnées, au début ils semblent attirants, mais finalement ils donnent naissance à de grandes douleurs. Sa décision de quitter le palais et d'atteindre l'illumination demeura inchangée, mais pour satisfaire les souhaits de son père et aider momentanément le peuple shakya, il consentit à épouser Yasodhara. Bien qu'il demeurât au palais en qualité de prince royal, il consacra néanmoins tout son temps et toute son énergie à servir le peuple shakya autant qu'il le pouvait.

Quand il eut vingt-neuf ans, le prince eut une vision dans laquelle tous les bouddhas des dix directions lui apparurent et lui parlèrent à l'unisson, disant : « Dans le passé, tu as décidé de devenir un bouddha conquérant afin de pouvoir aider tous les êtres vivants prisonniers du cycle de la souffrance. À présent, il est temps d'accomplir ta résolution. » Le prince alla immédiatement trouver ses parents et leur fit part de son intention : « Je désire me retirer dans un endroit paisible de la forêt, où je pourrai méditer profondément afin d'atteindre rapidement la pleine illumination. Quand j'aurai atteint l'illumination, je pourrai rendre la bonté de tous les êtres vivants, et surtout la grande bonté dont vous avez fait preuve à mon égard. C'est pourquoi je sollicite votre permission de quitter le palais. » Ses parents furent choqués en entendant cela et le roi refusa d'accorder sa permission. Le prince Siddhartha dit alors à son père : « Père, si tu peux me procurer la libération permanente des souffrances de la naissance, de la maladie, de la vieillesse et de la mort, je resterai au palais, sinon je me verrai dans l'obligation de partir afin de donner tout son sens à ma vie humaine. »

Le roi essaya par tous les moyens d'empêcher son fils de quitter le palais. Dans l'espoir que le prince change d'avis, il l'entoura d'une suite de belles femmes, de danseurs, de chanteurs et de musiciens qui, jour et nuit, usèrent de leurs charmes pour lui plaire. Au cas où le prince tenterait de s'enfuir secrètement, il posta des gardes autour du palais. Cependant, la détermination du prince de quitter le palais pour dédier sa vie à la méditation était inébranlable. Une nuit, il utilisa ses pouvoirs miraculeux pour plonger ses gardes et ses serviteurs dans un sommeil profond pendant qu'il s'échappait du palais avec l'aide d'une personne de confiance. Après avoir parcouru une dizaine de kilomètres, le prince descendit de cheval et dit adieu à son compagnon. Puis il se coupa les cheveux et les jeta au ciel où ils furent attrapés par les dieux du Pays des Trente-Trois Paradis. Un des dieux offrit ensuite au prince les robes couleur safran d'un mendiant religieux. Le prince les accepta et donna en échange à ce dieu ses vêtements royaux. De cette manière, il s'ordonna moine lui-même.

Siddhartha se dirigea ensuite vers la région de Bodh Gaya, en Inde, où il trouva un lieu approprié pour méditer. Il resta dans cet endroit et pratiqua tout spécialement une méditation appelée « concentration semblable à l'espace sur le dharmakaya », dans laquelle il se concentra en un seul point sur la nature ultime de tous les phénomènes. Après s'être entraîné à cette méditation pendant six ans, il réalisa qu'il était sur le point d'atteindre la pleine illumination. Il se rendit alors à Bodh Gaya où, le jour de la pleine lune du quatrième mois du calendrier lunaire, il s'assit sous l'arbre bodhi dans la posture de méditation et fit le vœu de ne pas sortir de sa méditation avant d'avoir atteint l'illumination parfaite. Avec cette détermination, il entra en méditation avec une concentration semblable à l'espace sur le dharmakaya.

Au crépuscule, le mara Dévapoutra, le chef de tous les démons, ou maras, de ce monde, essaya de troubler la concentration de Siddhartha en provoquant de nombreuses apparitions effrayantes. Il manifesta des hordes de démons terrifiants – certains lui jetaient des lances, lui décochaient des flèches, essayaient de le brûler avec du feu, certains faisant rouler sur lui d'énormes rochers et même des montagnes. Mais Siddhartha demeura parfaitement imperturbable. Par la force de sa concentration, les armes, les rochers et les montagnes lui apparurent comme une pluie de fleurs parfumées, et la fureur des flammes comme des offrandes de lumière d'arc-en-ciel.
Voyant qu'il ne parvenait pas à effrayer Siddhartha, pour lui faire abandonner sa méditation, le mara Dévapoutra essaya alors de le distraire en faisant apparaître d'innombrables belles femmes, mais Siddhartha répondit en se concentrant encore plus profondément. Il triompha ainsi de tous les démons de ce monde, c'est pourquoi il fut appelé par la suite un « bouddha conquérant ».

Siddhartha continua sa méditation jusqu'à l'aube et atteignit alors la concentration semblable au vajra. Dans cet état de concentration, qui est le tout dernier état mental d'un être limité, il ôta de son esprit les derniers voiles de l'ignorance et l'instant d'après il devint un bouddha, un être pleinement illuminé.

Il n'y a rien que Bouddha ne connaisse. Parce qu'il s'est éveillé du sommeil de l'ignorance et a éliminé toutes les obstructions de son esprit, il connaît absolument tout du passé, du présent et du futur, directement et simultanément. De plus, Bouddha a une grande compassion, totalement impartiale, qui embrasse tous les êtres vivants sans discrimination. Il vient en aide à tous les êtres vivants sans exception, en se manifestant sous de multiples formes à travers l'univers, et en bénissant leur esprit. En recevant les bénédictions de Bouddha, tous les êtres, même le plus petit des animaux, ont parfois des états d'esprit paisibles et vertueux. Finalement, tous vont rencontrer une émanation de Bouddha, sous la forme d'un guide spirituel, et auront la possibilité de s'engager dans la voie de la libération et de l'illumination. Comme l'a dit le grand érudit bouddhiste indien, Nagardjouna : « Il n'y a pas une seule personne qui n'ait reçu l'aide de Bouddha. »

Quarante-neuf jours après que Bouddha eut atteint l'illumination, les dieux Brahma et Indra le prièrent d'enseigner :

Ô Bouddha, trésor de compassion,
Les êtres vivants sont comme des aveugles qui risquent sans cesse de tomber dans les règnes inférieurs.
Dans ce monde, il n'y a pas d'autre protecteur que toi.
C'est pourquoi nous t'implorons, s'il te plaît, sors de ton équilibre méditatif et tourne la roue du dharma.

À la suite de cette requête, Bouddha sortit de sa méditation et enseigna la première roue du dharma. Ces enseignements, qui comprennent le Soutra des quatre nobles vérités et d'autres discours, sont la principale source du hinayana, ou petit véhicule, du bouddhisme. Plus tard, Bouddha enseigna les deuxième et troisième roues du dharma, qui comprennent respectivement, les Soutras de la perfection de la sagesse et le Soutra de la discrimination de l'intention. Ces enseignements sont la source du mahayana, ou grand véhicule, du bouddhisme. Dans les enseignements du hinayana, Bouddha explique comment atteindre la libération de la souffrance uniquement pour soi-même. Dans ceux du mahayana, il explique comment atteindre la pleine illumination, ou bouddhéité, pour le bien des autres. Les deux traditions s'épanouirent en Asie, d'abord en Inde, puis progressivement dans les pays voisins, y compris le Tibet. À présent, elles commencent également à se répandre en Occident.

La raison pour laquelle les enseignements de Bouddha sont appelés la « roue du dharma » est la suivante. Il est dit que dans les temps anciens, il y eut de grands rois appelés les « rois tchakravatines » qui gouvernaient le monde entier. Ces rois avaient de nombreuses possessions exceptionnelles, notamment une précieuse roue qui leur permettait de voyager autour du monde. Toute région visitée par le roi au moyen de cette précieuse roue passait sous son contrôle. Il est dit que les enseignements de Bouddha sont comme une précieuse roue parce que, dans toutes les contrées où ces enseignements sont dispensés, les habitants ont la possibilité de contrôler leur esprit en les mettant en pratique.

« Dharma » veut dire « protection ». En pratiquant les enseignements de Bouddha, nous nous protégeons contre la souffrance et les problèmes. Toutes les difficultés rencontrées dans la vie de tous les jours ont pour origine l'ignorance, et la méthode pour éliminer l'ignorance réside dans la pratique du dharma.

Pratiquer le dharma est la méthode suprême pour améliorer la qualité de notre vie humaine. La qualité de la vie ne dépend pas du développement extérieur ou du progrès matériel, mais du développement intérieur de la paix et du bonheur. Autrefois par exemple, de nombreux bouddhistes vivaient dans des pays pauvres et sous-développés, mais ils ont pu trouver un bonheur pur et durable en pratiquant ce que Bouddha avait enseigné.

Si nous intégrons les enseignements de Bouddha dans notre vie de tous les jours, nous pourrons résoudre tous nos problèmes intérieurs et avoir un esprit vraiment en paix. Sans paix intérieure, la paix extérieure est impossible. Si nous faisons d'abord régner la paix dans notre esprit en nous entraînant aux voies spirituelles, la paix extérieure viendra naturellement, mais si nous ne le faisons pas, le monde ne connaîtra jamais la paix, quel que soit le nombre de personnes qui militent en sa faveur.

Le bouddhisme, ou bouddhadharma, comprend les enseignements de Bouddha ainsi que les expériences intérieures, ou réalisations, de ces enseignements. Bouddha a donné quatre-vingt-quatre mille enseignements. Tous ces enseignements, ainsi que leurs réalisations intérieures, constituent le bouddhisme. On peut diviser le bouddhisme en deux parties : les bases du bouddhisme et le bouddhisme avancé. La première partie de ce livre explique les enseignements essentiels qui forment les bases du bouddhisme, les deuxième et troisième parties introduisent les enseignements plus avancés.