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Le Nouveau Manuel de méditation

Des méditations qui améliorent notre vie

Format: Couverture souple
ISBN: 978-2-9137-1720-6
Détail: 236 pages.
Prix: 10.00 €  
 
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Chapitre1 - Introduction

QU’EST-CE QUE LA MÉDITATION ?
La méditation est un esprit qui se concentre sur un objet vertueux et qui est la cause principale de la paix mentale. La méditation est une méthode qui permet de familiariser notre esprit avec la vertu. Plus notre esprit se familiarise avec la vertu, plus il devient calme et paisible. Quand notre esprit est paisible, nous sommes libérés des soucis et de l’inconfort mental, et nous connaissons le vrai bonheur. Si nous entraînons notre esprit à devenir plus paisible, nous serons constamment heureux même dans les situations les plus adverses. En revanche, si notre esprit n’est pas paisible, nous ne serons pas heureux, même si nous avons les conditions extérieures les plus agréables. Il est donc important d’entraîner notre esprit au moyen de la méditation.
Chaque fois que nous méditons, nous effectuons une action qui sera cause de paix intérieure à l’avenir. En général, jour et nuit, tout au long de notre vie, nous faisons l’expérience de perturbations mentales qui sont à l’opposé de la paix mentale. Pourtant, nous faisons parfois naturellement l’expérience de la paix mentale. Cela vient du fait que, dans nos vies précédentes, nous nous sommes concentrés sur des objets vertueux. Un objet vertueux est un objet qui rend notre esprit paisible lorsque nous nous concentrons sur lui. Si nous nous concentrons sur un objet qui provoque en nous le développement d’un esprit non paisible, tel que la colère ou l’attachement, cela indique que pour nous l’objet est non vertueux. Il existe aussi de nombreux objets neutres qui ne sont ni vertueux, ni non vertueux.
On distingue deux types de méditations : la méditation analytique et la méditation placée. La méditation analytique consiste à contempler le sens d’une instruction spirituelle que nous avons entendue ou lue. Contempler de telles instructions en profondeur nous amène finalement à aboutir à une conclusion précise ou à faire naître en nous un état d’esprit vertueux particulier. C’est l’objet de la méditation placée. Puis nous nous concentrons en un seul point sur cette conclusion ou cet état d’esprit vertueux, le plus longtemps possible, pour nous familiariser profondément avec lui. Cette concentration en un seul point constitue la méditation placée. Souvent la méditation analytique est appelée « contemplation » et la méditation placée est appelée « méditation ». La méditation placée dépend de la méditation analytique, et la méditation analytique dépend de l’écoute ou de la lecture des instructions spirituelles.

LES BIENFAITS DE LA MÉDITATION
La méditation a pour but de rendre notre esprit calme et paisible. Comme il a été dit précédemment, si notre esprit est paisible, nous n’aurons ni souci ni douleur mentale et nous connaîtrons ainsi un vrai bonheur ; mais si notre esprit n’est pas en paix, il nous sera très difficile d’être heureux, même si nous vivons dans les meilleures conditions possibles. Si nous nous entraînons à la méditation, progressivement notre esprit va devenir de plus en plus paisible et nous connaîtrons une forme de bonheur de plus en plus pure. Nous serons finalement capables d’être tout le temps heureux, même dans les situations les plus difficiles.
Habituellement, il nous est difficile de contrôler notre esprit. Il semble que notre esprit est comme un ballon dans le vent, allant de-ci de-là au gré des circonstances extérieures. Quand les choses vont bien, notre esprit est heureux, et dès qu’elles vont mal, il devient immédiatement mécontent. Lorsque nous obtenons ce que nous voulons, par exemple une nouvelle acquisition, un nouvel emploi ou un nouveau partenaire, nous devenons surexcités et nous y accrochons fortement. Toutefois, puisque nous ne pouvons pas avoir tout ce que nous désirons et que nous serons inévitablement séparés des amis, de la situation et des biens dont nous jouissons en ce moment, cette viscosité mentale ou attachement, ne sert qu’à provoquer de la douleur en nous. Par ailleurs, lorsque nous n’obtenons pas ce que nous voulons ou que nous perdons quelque chose que nous aimons, nous devenons déprimés ou irritables. Si nous sommes par exemple obligés de travailler avec un collègue que nous n’aimons pas, nous nous sentirons probablement irrités et affligés au point d’être incapables de travailler efficacement avec lui ou elle, et notre temps passé au travail deviendra une source de stress et de frustration.
De telles sautes d’humeur se produisent parce que nous sommes beaucoup trop pris dans les situations extérieures. Nous sommes comme un enfant qui, surexcité d’avoir construit un château de sable, devient triste lorsque celui-ci est détruit par la marée montante. En nous entraînant à la méditation, nous créons un espace intérieur et une clarté qui nous rendent capables de contrôler notre esprit quelles que soient les circonstances extérieures. Nous remplaçons graduellement notre esprit instable, qui oscille entre les extrêmes de la surexcitation et du découragement, par un esprit stable et équilibré qui est toujours heureux.
Si nous nous entraînons à la méditation avec assiduité, nous réussirons finalement à éliminer les perturbations mentales de notre esprit, causes de tous nos problèmes et de toutes nos souffrances. Nous en viendrons ainsi à connaître une paix intérieure permanente. Alors, jour et nuit, vie après vie, nous ne connaîtrons que paix et bonheur.
Au début, même s’il semble que notre méditation ne soit pas réussie, souvenons-nous qu’en faisant simplement l’effort de nous entraîner à la méditation, nous créons le karma mental de faire l’expérience de paix intérieure à l’avenir. Le bonheur de cette vie et de nos vies futures dépend de l’expérience de paix intérieure, qui à son tour dépend de l’action mentale de la méditation. Puisque la paix intérieure est la source de tout bonheur, nous pouvons voir à quel point la méditation est importante.

COMMENCER LA MÉDITATION
La première étape de la méditation consiste à faire cesser les distractions et à rendre notre esprit plus clair et plus lucide. Nous pouvons y parvenir en méditant simplement sur la respiration. Nous choisissons un endroit tranquille pour méditer et nous nous asseyons dans une position confortable. Nous pouvons nous asseoir dans la posture traditionnelle, jambes croisées, ou dans toute autre position confortable. Nous pouvons selon notre convenance nous asseoir sur une chaise. Le plus important est de garder le dos droit afin d’éviter l’engourdissement et la somnolence.
Nous sommes assis avec les yeux mi-clos et dirigeons notre attention vers notre respiration. Nous respirons naturellement, de préférence par le nez, sans tenter de contrôler notre respiration, et nous essayons de devenir conscients de la sensation du souffle qui entre et sort par les narines. Cette sensation est l’objet de notre méditation, celui sur lequel nous essayons de nous concentrer à l’exclusion de toute autre chose.
Au début, notre esprit sera très agité et il se peut même que notre méditation semble avoir pour effet de le rendre encore plus agité. En réalité, nous devenons simplement plus conscients de l’état d’agitation dans lequel se trouve notre esprit. Nous serons fortement tentés de suivre les différentes pensées qui surgissent, mais il faut y résister et rester concentrés en un seul point sur la sensation du souffle. Si nous découvrons que notre esprit vagabonde et suit nos pensées, nous le ramenons immédiatement sur le souffle. Nous répétons ce processus autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que l’esprit se stabilise sur la respiration.
Si nous pratiquons ainsi avec patience, les pensées distrayantes diminueront progressivement et nous éprouverons un sentiment de paix intérieure et de détente. Notre esprit se sentira lucide et spacieux, et nous nous sentirons frais et dispos. Quand la mer est houleuse, le sédiment est brassé et l’eau devient trouble, mais quand le vent tombe, la vase se dépose progressivement et l’eau devient claire. De la même manière, lorsque nous réussissons, grâce à la concentration sur la respiration, à calmer le flot incessant de nos distractions, notre esprit devient particulièrement clair et lucide. Nous restons dans cet état de calme mental pendant un moment.
Même si la méditation sur la respiration n’est qu’une étape préliminaire de la méditation, elle peut s’avérer assez puissante. Cette pratique nous montre que le simple contrôle de l’esprit nous permet de connaître la paix intérieure et le contentement, sans avoir à dépendre d’aucune manière des conditions extérieures. Quand la turbulence des pensées distrayantes s’apaise et que notre esprit se calme, un bonheur et un contentement profond se produisent naturellement de l’intérieur. Ce sentiment de contentement et de bien-être nous aide à faire face à l’agitation et aux difficultés de la vie de tous les jours. Le stress et les tensions éprouvés en temps normal proviennent en grande partie de notre esprit, et bon nombre de nos problèmes, y compris les problèmes de santé, sont provoqués ou aggravés par ce stress. En méditant seulement dix ou quinze minutes par jour sur la respiration, nous serons en mesure de diminuer ce stress. Nous sentirons notre esprit calme et spacieux, et bon nombre de nos problèmes habituels disparaîtront. Nous ferons plus facilement face aux situations difficiles. Nous nous sentirons naturellement chaleureux et bien disposés envers les autres, et nos relations s’amélioreront progressivement.
Nous nous entraînons à cette méditation préliminaire jusqu’à pouvoir réduire nos distractions grossières, puis nous nous entraînons aux vingt et une méditations expliquées dans ce livre. Pour pratiquer ces méditations, nous commençons par calmer l’esprit avec la méditation sur la respiration qui vient d’être expliquée, puis nous effectuons les étapes des méditations analytique et placée, en suivant les instructions spécifiques de chaque méditation.

LES CONNAISSANCES PRÉALABLES REQUISES POUR LA MÉDITATION
Les méditations présentées dans ce livre supposent une croyance en la renaissance, ou réincarnation, et en le karma, ou actions. Une courte description du processus de la mort et de la renaissance, et des endroits dans lesquels nous pouvons renaître est donc susceptible de nous aider.
L’esprit n’est ni physique ni un sous-produit de processus physiques. C’est un continuum sans forme, une entité séparée du corps. Lorsque le corps se désagrège au moment de la mort, l’esprit ne cesse pas. Certes, notre esprit conscient superficiel cesse, mais il le fait en se dissolvant dans un niveau de conscience plus profond, l’esprit très subtil. Le continuum de l’esprit très subtil n’a ni commencement ni fin. C’est cet esprit qui, une fois complètement purifié, se transforme en l’esprit omniscient d’un bouddha.

Chacune de nos actions laisse une empreinte sur notre esprit très subtil, et chaque empreinte finit par donner naissance à son propre effet. Notre esprit est comme un champ, et effectuer des actions est comme semer des graines dans ce champ. Les actions vertueuses sèment des graines d’un bonheur futur et les actions non vertueuses des graines de souffrances futures. Les graines que nous avons semées dans le passé restent latentes jusqu’à ce que les conditions nécessaires à leur germination soient réunies. Dans certains cas, plusieurs vies peuvent séparer l’action initiale de son effet.
Les graines qui mûrissent au moment de notre mort sont très importantes parce qu’elles déterminent le type de renaissance que nous allons prendre. La graine spécifique qui mûrit au moment de la mort dépend de l’état d’esprit dans lequel nous mourons. Mourir l’esprit paisible stimulera une graine vertueuse et notre prochaine renaissance sera heureuse. Si nous mourons avec un esprit agité, disons dans un état de colère, cela stimulera une graine non vertueuse et notre prochaine renaissance sera malheureuse. Cela ressemble à la manière dont les cauchemars se déclenchent lorsque nous avons un état d’esprit agité juste avant de nous endormir.
L’analogie avec l’endormissement n’est pas fortuite, car le processus du sommeil, du rêve et du réveil ressemble étroitement au processus de la mort, de l’état intermédiaire et de la renaissance. Lorsque nous nous endormons, nos vents intérieurs grossiers se rassemblent et se dissolvent à l’intérieur. Notre esprit devient progressivement de plus en plus subtil jusqu’à ce qu’il se transforme en l’esprit très subtil de la claire lumière du sommeil. Tant que la claire lumière du sommeil se manifeste, nous sommes plongés dans un sommeil profond et, pour les autres, c’est comme si nous étions morts. Lorsqu’elle prend fin, notre esprit devient progressivement de plus en plus grossier et nous passons par les différents niveaux de l’état de rêve. Finalement, nous recouvrons les pouvoirs de mémoire et de contrôle mental habituels, et nous nous réveillons. À ce moment-là, notre monde du rêve disparaît et nous percevons le monde de l’état de veille.
Un processus très similaire se produit au moment de la mort. Lorsque nous mourons, nos vents se dissolvent vers l’intérieur et notre esprit devient progressivement de plus en plus subtil jusqu’à ce que l’esprit très subtil de la claire lumière de la mort se manifeste. L’expérience de la claire lumière de la mort est très semblable à celle du sommeil profond. Une fois que la claire lumière de la mort a cessé, nous faisons l’expérience des étapes de l’état intermédiaire, ou « bardo » en tibétain, état semblable à l’état du rêve qui se produit entre la mort et la renaissance. Quelques jours ou quelques semaines plus tard, l’état intermédiaire s’achève et nous renaissons. Le monde du rêve disparaît quand nous nous réveillons et fait place au monde de l’état de veille, et de la même manière ce qui apparaît dans l’état intermédiaire cesse lorsque nous prenons une nouvelle naissance, et nous percevons le monde de notre prochaine vie.
La seule différence significative entre le processus du sommeil, du rêve et du réveil, et celui de la mort, de l’état intermédiaire et de la renaissance, est la suivante : une fois que la claire lumière du sommeil a cessé, la relation entre notre esprit et notre corps actuel reste intacte, alors qu’elle est rompue après la claire lumière de la mort.
Pendant que nous sommes dans l’état intermédiaire, nous faisons l’expérience de différentes visions qui proviennent des graines karmiques activées juste avant la mort. Si des graines négatives ont été activées, ces visions seront cauchemardesques, mais si des graines positives ont été activées, ces visions seront surtout agréables. Dans un cas comme dans l’autre, les graines karmiques suffisamment mûries nous forcent à renaître dans l’un ou l’autre des six règnes du samsara.
Les six règnes existent réellement. Nous pouvons renaître dans ces six règnes qui se manifestent par le pouvoir de nos actions, ou karma. Les actions sont de trois types : corporelles, verbales et mentales. Puisque nos actions corporelles et verbales commencent toujours par une action mentale, les six règnes sont, en fin de compte, créés par notre esprit. Par exemple, un règne de l’enfer est un endroit qui se produit en résultat des actions les plus mauvaises, comme le meurtre ou la cruauté mentale ou physique extrême, qui dépendent des états d’esprit les plus perturbés.
Pour se faire une image mentale des six règnes, nous pouvons les comparer aux étages d’une ancienne demeure. Dans cette analogie, cette maison représente le samsara, le cycle des renaissances contaminées que les êtres ordinaires subissent sans choix ni contrôle. La maison a trois niveaux au-dessus du sol et trois au-dessous. Les êtres sensibles en proie aux perturbations mentales sont alors les habitants de cette maison. Ils montent et descendent continuellement dans cette maison, vivant parfois dans les étages au-dessus du sol et parfois dans les sous-sols.
Le rez-de-chaussée correspond au règne des humains. Au-dessus, au premier étage, se trouve le règne des demi-dieux, êtres non humains continuellement en guerre contre les dieux. Ils sont plus puissants et plus prospères que les humains, mais leur jalousie et leur violence sont si obsessives que leur vie n’a guère de valeur spirituelle.
Les dieux vivent au dernier étage. Les dieux des classes les plus basses, ceux du règne du désir, vivent dans l’aisance et le luxe, consacrant leur temps à prendre plaisir et à satisfaire leurs désirs. Leur monde est un paradis et la durée de leur vie est très longue, mais ils ne sont pas immortels, et finissent par retomber dans les états inférieurs. Puisque leur vie est pleine de distractions, il leur est difficile de trouver la motivation nécessaire pour pratiquer le dharma, les enseignements de Bouddha. D’un point de vue spirituel, une vie humaine a bien plus de sens que la vie d’un dieu.
Au-dessus des dieux du règne du désir se trouvent les dieux des règnes de la forme et du sans forme. Étant parvenus au-delà des désirs sensuels, les dieux du règne de la forme connaissent la félicité raffinée de l’absorption méditative et possèdent un corps de lumière. Les dieux du règne du sans forme transcendent même ces formes subtiles et demeurent sans forme dans une conscience subtile qui ressemble à l’espace infini. Bien que leur esprit soit le plus pur et le plus exalté à l’intérieur du samsara, ils n’ont pas éliminé l’ignorance de saisie du soi, la racine du samsara. C’est pourquoi après avoir éprouvé la félicité pendant de nombreux éons, leur vie prend fin et ils renaissent une fois de plus dans les états inférieurs du samsara. Comme les autres dieux, ils consument leur mérite, ou bonne fortune, créé dans le passé et ne font que peu ou pas de progrès spirituels.
Les trois étages au-dessus du sol sont appelés les « règnes fortunés » car les êtres qui y demeurent font des expériences relativement agréables qui ont pour cause la pratique de la vertu. Dans le sous-sol se trouvent les trois règnes inférieurs qui sont le résultat des actions corporelles, verbales et mentales négatives. Le moins douloureux de ceux-ci est le règne des animaux, qui est le premier sous-sol dans l’analogie. Ce règne comprend tous les mammifères à l’exception des êtres humains, ainsi que les oiseaux, les poissons, les insectes et les vers, en fait tout le règne animal. Leur esprit est caractérisé par une stupidité extrême, sans aucune conscience spirituelle, et leur vie est dominée par la peur et la brutalité.
À l’étage au-dessous vivent les esprits affamés. Les causes principales pour y renaître sont la cupidité et les actions négatives motivées par l’avarice. La conséquence de ces actions est une pauvreté extrême. Les esprits affamés souffrent de la faim et de la soif pendant de très longues périodes, ce qui leur est extrêmement difficile à supporter. Leur monde est un vaste désert. Le peu d’eau et de nourriture qu’ils peuvent par chance trouver disparaît comme un mirage ou se transforme en quelque chose de répugnant, comme du pus ou de l’urine. Ces apparences sont dues à leur karma négatif et à leur manque de mérite.
L’étage le plus bas est l’enfer. Les êtres y endurent de continuels tourments. Certains enfers sont une mer de feu, d’autres sont des régions de désolation glacées et obscures. Les monstres créés par l’esprit des êtres de l’enfer leur infligent de terribles tortures. La souffrance continue sans relâche, pendant ce qui semble être une éternité, mais finalement le karma qui a provoqué leur naissance en enfer s’épuise, et les êtres de l’enfer meurent et renaissent ailleurs dans le samsara.
Cela présente une image générale du samsara. Nous en sommes prisonniers depuis des temps sans commencement, errant en vain, sans liberté ni contrôle, du paradis le plus élevé à l’enfer le plus profond. Nous demeurons parfois dans les étages supérieurs en tant que dieu, d’autres fois, ayant pris une renaissance humaine, nous nous retrouvons au rez-de-chaussée, mais la plupart du temps nous sommes piégés dans les étages du sous-sol et endurons de terribles souffrances physiques et mentales.
Le samsara ressemble à une prison, mais il existe une porte par laquelle nous pouvons nous échapper. Cette porte, c’est la vacuité, la nature ultime des phénomènes. En nous entraînant aux voies spirituelles décrites dans ce livre, nous trouverons finalement le chemin menant à cette porte, puis, en la franchissant, nous découvrirons que la maison était simplement une illusion, la création de notre esprit impur. Le samsara n’est pas une prison extérieure, c’est une prison créée par notre propre esprit. Il ne finira jamais de lui-même, mais si nous pratiquons assidûment la vraie voie spirituelle, et éliminons ainsi notre saisie du soi et les autres perturbations mentales, nous pouvons mettre fin à notre samsara. Une fois que nous aurons nous-mêmes atteint la libération, nous serons en mesure de montrer aux autres comment détruire leur prison mentale en éliminant leurs perturbations mentales.
Si nous pratiquons les vingt et une méditations présentées dans ce livre, nous surmonterons progressivement les états d’esprit perturbés qui nous maintiennent prisonniers du samsara, et nous développerons toutes les qualités nécessaires à l’accomplissement de la pleine illumination. Les six premières méditations ont pour fonction principale de nous aider à construire le renoncement, la détermination de nous échapper du samsara. Les douze méditations suivantes nous aident à cultiver un amour et une compassion sincères pour tous les êtres vivants. Elles nous amènent à réaliser que nous ne pouvons libérer les autres du samsara qu’en atteignant d’abord l’illumination. Le principal obstacle qui nous empêche d’atteindre la libération et l’illumination est la saisie du soi, une conception erronée, profondément enracinée, de la manière dont les choses existent. Les deux méditations suivantes ont pour fonction principale de contrer, et finalement d’éradiquer cette conception erronée. La dernière méditation est la méthode qui permet d’obtenir une expérience plus profonde des vingt méditations précédentes.

COMMENT MÉDITER
Chacune des vingt et une méditations a cinq parties : préparation, contemplation, méditation, dédicace et pratique post-méditative. Les instructions qui expliquent ces vingt et une méditations sont appelées « les étapes de la voie », ou « Lamrim­ ». Les réalisations de ces méditations sont les voies spirituelles proprement dites qui nous mènent à la grande libération de la pleine illumination.
La première partie, les pratiques préparatoires, nous prépare à une méditation réussie en purifiant les obstacles provoqués par nos actions négatives antérieures, en accumulant du mérite (ou bonne fortune) et en nous permettant de recevoir les bénédictions des êtres pleinement éveillés. Les pratiques préparatoires sont très importantes si nous voulons obtenir une profonde expérience de ces méditations. Dans ce but, nous pouvons commencer notre méditation avec Les Prières pour la méditation, qui se trouvent dans l’annexe I. Un commentaire de ces pratiques se trouve dans l’annexe II.
La deuxième partie, la contemplation, ou méditation analytique, a pour but de faire venir à l’esprit l’objet de la méditation placée. Pour cela nous considérons les divers raisonnements, contemplons les analogies et réfléchissons au sens des instructions. Il est utile de mémoriser les contemplations données dans chaque section pour pouvoir méditer sans avoir à regarder le texte. Les contemplations données ici ne sont là que pour nous guider. Nous pouvons les compléter et les enrichir en utilisant les raisonnements et les exemples que nous trouvons utiles.
Lorsque l’objet apparaît clairement grâce à nos contemplations, nous arrêtons notre méditation analytique pour nous concentrer sur l’objet en un seul point. Cette concentration en un seul point constitue la troisième partie, la méditation proprement dite.
Quand nous débutons dans la méditation, notre concentration est faible. Nous sommes facilement distraits et nous perdons souvent notre objet de méditation. Au début, il nous faudra donc probablement alterner de nombreuses fois entre la contemplation et la méditation placée lors de chaque séance. Si nous méditons par exemple sur la compassion, nous commençons par contempler les diverses souffrances que les êtres vivants éprouvent jusqu’à ce qu’un fort sentiment de compassion naisse dans notre cœur. Lorsque ce sentiment naît, nous méditons sur lui en un seul point. Si ce sentiment s’estompe, ou si notre esprit vagabonde vers un autre objet, nous retournons à la méditation analytique pour le ramener à l’esprit. Lorsque le sentiment de compassion est revenu, nous quittons à nouveau notre méditation analytique et le maintenons grâce à une concentration en un seul point.
La contemplation et la méditation servent toutes deux à familiariser notre esprit avec des objets vertueux. Plus nous sommes familiers avec de tels objets, plus notre esprit est paisible. En nous entraînant à la méditation et en vivant en accord avec les vues profondes et les résolutions générées au cours de la méditation, nous pourrons finalement maintenir continuellement un esprit paisible, tout au long de notre vie. Des instructions plus détaillées sur les contemplations et sur la méditation en général se trouvent dans Transformez votre vie et La Voie joyeuse.
À la fin de chaque séance, nous dédions le mérite produit par notre méditation à l’accomplissement de l’illumination. Si le mérite n’est pas dédié, il peut être facilement détruit par la colère. En récitant avec sincérité les prières de dédicace à la fin de chaque séance de méditation, nous nous assurons que le mérite créé par notre méditation ne sera pas perdu, mais qu’il agira comme une cause de l’illumination.
La cinquième partie de chaque méditation est la pratique post-méditative. Elle est présentée sous la forme de conseils sur la manière d’intégrer la méditation dans notre vie quotidienne. Il est important de se souvenir que la pratique du dharma ne se limite pas à nos activités au cours de la séance de méditation, elle doit imprégner toute notre vie. Nous ne devrions pas laisser un gouffre se former entre notre méditation et notre vie quotidienne, car le succès de notre méditation dépend de la pureté de notre conduite en dehors de la séance de méditation. Nous devrions observer constamment notre esprit en appliquant la vigilance, l’esprit d’alerte et l’esprit consciencieux, et essayer d’abandonner toutes les mauvaises habitudes que nous pouvons avoir. Une expérience profonde du dharma est le résultat d’un entraînement pratique sur une longue période, au cours et en dehors des séances de méditation. Par conséquent, nous pratiquons régulièrement, avec douceur, sans être pressés d’obtenir des résultats.
En résumé, notre esprit est semblable à un champ. S’engager dans les pratiques préparatoires, c’est comme préparer le champ en enlevant les obstacles provoqués par les actions négatives passées, en le fertilisant avec du mérite et en l’arrosant avec les bénédictions des êtres saints. La contemplation et la méditation, c’est comme semer de bonnes graines, et la dédicace et la pratique post-méditative sont les méthodes pour faire mûrir notre récolte de réalisations du dharma.
Les instructions du Lamrim ne sont pas données seulement pour une compréhension intellectuelle de la voie de l’illumination. Elles sont données pour nous aider à en obtenir une expérience profonde et par conséquent elles sont à mettre en pratique. Si nous entraînons quotidiennement notre esprit à ces méditations, nous obtiendrons finalement de parfaites réalisations de toutes les étapes de la voie. Avant d’avoir atteint ce niveau, nous ne devrions jamais nous lasser d’écouter des enseignements sur le Lamrim ou d’en lire des commentaires authentiques, et ensuite de contempler et de méditer sur ces instructions. Il est nécessaire d’approfondir continuellement notre compréhension de ces thèmes essentiels et de nous servir de cette nouvelle compréhension pour renforcer notre méditation quotidienne.
Si nous avons le désir sincère d’obtenir l’expérience des étapes de la voie, nous devons essayer de méditer chaque jour. Le premier jour, nous pouvons méditer sur notre précieuse vie humaine, le deuxième jour sur la mort et l’impermanence, et ainsi de suite jusqu’à ce que nous ayons terminé tout le cycle en vingt et un jours. Ensuite, nous pouvons recommencer. Entre les séances, nous essayons de rester attentifs aux instructions de la pratique post-méditative. De temps à autre, quand nous en avons la possibilité, nous faisons une retraite sur le Lamrim. Un programme de retraite est suggéré dans l’annexe IV. En pratiquant de cette manière, nous utilisons toute notre vie pour améliorer notre expérience des étapes de la voie.